UNIKIN : l’hommage du Prof Jacques Djoli aux constitutionnalistes Djelo Empenge et Kitete Kekumba

Le département de droit interne de la faculté de droit de l’Université de Kinshasa (UNIKIN) a organisé, ce samedi 22 juin 2024, en son chapiteau du plateau, une conférence-débat en hommage aux professeurs Victor Jean-Claude Djelo Empenge et Augustin Kitete Kekumba, qui ne sont plus de ce monde. Un colloque organisée sous le thème général « Regards croisés sur l’objet du droit constitutionnel ».

 

Et parmi les intervenants à cette conférence-débat, il y avait le Rapporteur de l’Assemblée Nationale, le Professeur ordinaire Jacques Djoli Eseng’Ekeli, qui a exposé dans le deuxième pannel sous le sous-thème « La dimension tradicentrique de la pensée constitutionnelle de Djelo et Kitete ».

 

Par son intervention, le constitutionnaliste Jacques Djoli a voulu célébrer scientifiquement la mémoire de ces éminents professeurs, Djelo Empenge et Kitete Kekumba, qui ont énormément contribué dans le domaine du droit constitutionnel congolais. Il a abordé plusieurs aspects fondamentaux du droit constitutionnel, notamment la distorsion entre le droit écrit et la pratique réelle.

 

« Un survol de l’évolution politique et constitutionnelle fait apparaître une distorsion entre les dispositions constitutionnelles et le fonctionnement réel du pouvoir politique au sein du pouvoir politique. Comment les deux auteurs Victor Jean-Claude Djelo Empenge et Augustin Kitete Kekumba) abordent cette question de dualisme dissolvant, consécutif à la présence d’un droit normatif écrit importé et les coutumes locales ? L’ambition de ces deux auteurs est de produire une sève métabolique qui peut revitaliser ou réenchanter notre droit en insufflant une conciliation entre les deux ordres, à travers un dialogue essentiellement franc et égalitaire. Ce qui nous évitera de faire de la coutume un alibi », a-t-il indiqué.

En outre, cet éminent enseignant de droit constitutionnel a tenu à souligner l’importance de concilier le droit écrit, souvent inspiré des modèles occidentaux, avec les coutumes et les traditions locales qui dominent la pensée congolaise et, plus largement, des africains. Il note que les constitutions africaines actuelles résultent souvent d’un mimétisme avec l’occident et manquent d’ancrage dans les réalités sicio-anthropologiques locales.

 

« Le droit constitutionnel congolais souffre, selon Kitete Kekumba, d’inadéquation institutionnelle et, pour Djelo Empenge, du décalage d’un droit importé qui subit l’impact négatif d’un droit coutumier ignoré ou instrumental. Et il faut une approche syncrétique pour le revitaliser. Dans tous les cas, le droit reste technique au service d’une vision, des mythes. Il faut intégrer une base onirique dont le fondement et les racines doivent mettre en cohérence et la rationalité occidentale et la vitalité africaine, comme le firent les africains du sud, avec l’Ubuntu », a recommandé Jacques Djoli Eseng’Ekeli.

 

Par ailleurs, il sied de noter que, lors des échanges avec l’assistance, la question controversée de la modification ou du changement de la constitution de la République Démocratique du Congo s’est invitée au débat.

A ce sujet, le Professeur Jacques Djoli a rappelé que le débat sur la constitution est universel et existe dans tous les États du monde et que la constitution elle-même prévoit des mécanismes pour son adaptation et ses révisions.

« Le peuple a le droit intemporel de changer la constitution. Cependant, le véritable problème ne réside pas dans la révision de la constitution elle-même, mais dans la manière de promouvoir le bien vivre-ensemble et de rendre les institutions de la République efficaces », a-t-il précisé.

 

JR MOKOLO