Fin mandat parlementaire: les derniers réglages de l’Honorable Xavier BONANE YA NGANZI dans son fief de DUNGU

Comme le veut la tradition, les élus du peuple étaient en vacances parlementaires dans leurs circonscriptions électorales respectives. C’est le cas du député national Xavier Bonane Ya Nganzi, qui a séjourné en août dernier dans la province du Haut-Uélé et plus particulièrement dans son fief electoral de Dungu. Et ces dernières vacances parlementaires de la législature en cours se sont déroulées dans un contexte particulier, marquée notamment par l’accélération du processus électoral ainsi que les dépôts de candidatures pour les prochaines élections.

 

Et en marge de la rentrée parlementaire du 15 septembre 2023 marquant le coup d’envoi de la dernière session parlementaire de cette législature, le député national Xavier Bonane Ya Nganzi a fait à la presse la restitution de ses dernières vacances parlementaires dans son terroir.

 

Contrairement à ses habitudes, l’élu de Dungu a entamé ses vacances parlementaires par un périple, en compagnie de ses collègues députés et sénateurs, membres du Caucus des élus du Haut-Uélé, dans les deux principales société de leur province, à savoir, la société minière Kibali Mine et le Parc national de la Garamba.

 

« En tant que Caucus de députés nationaux et Sénateurs de la province du Haut-Uélé, nous avions un programme commun, que nous devrions exécuter depuis longtemps, et qui consistait à faire l’itinérance dans les six territoires que compte notre province. Alors, nous avions trouvé, cette fois-ci l’opportunité de faire cette itinérance.

Dans le Haut-Uélé, nous avons deux « Gecamines », à savoir : la société Kibali Gold Mine, c’est la première société d’exploitation d’or en Afrique. C’est une société anonyme, une multinationale dans laquelle vous trouvez la société Barrick, la société Anglo-Ashanti Gold ainsi que Kilomoto, qui est un actionnaire minoritaire avec 10% de parts.

En dehors de la société Kibali, nous avons également le Parc national de la Garamba.

 

Or, nous entretenons une espèce de partenariat avec ces deux entités, qui comptent sur nous, députés et sénateurs du Haut-Uélé, pour porter leurs revendications auprès des institutions nationales et provinciales. Il en est de même de nos compatriotes qui travaillent dans ces sociétés, qui sont riverains ou qui habitent dans les territoires où sont développés ces sociétés, eux également, ont des revendications que les élus doivent porter.

Le parc national de la Garamba se trouve dans le territoire de Dungu dont je suis le seul élu. C’est pourquoi je devais m’associer aux 14 autres élus des territoires du Haut-Uélé pour que ma voix soit mieux entendue.

Voilà c’est dans ce sens là que nous avons commencé notre périple par ces deux sociétés », a-t-il longuement expliqué.

 

1ère Étape de l’itinérance : Kibali Gold Mine

Compte tenu des grandes difficultés en matière de transport en RDC, les membres de la délégation du Caucus des élus du Haut-Uélé ont dû transiter par l’Ouganda pour rejoindre le site de la société Kibali Gold Mine, situé dans le territoire de Watsa, où ils ont séjourné pendant cinq jours.

 

« Après avoir atterri à l’aéroport international de Doko, à bord d’un avion de Kibali Gold Mine, qui nous a ramené de l’aéroport ougandaise de Entebbe, nous avons été reçus par le Staff dirigeant de Kibali, qui a organisé en notre intention une conférence académique d’induction, pour nous permettre de découvrir la société. Grosso modo, nous avons noté que Kibali Gold Mine est une société qui occupe une superficie de 1.800 kilomètres carrés et qui exploite les mines à ciel ouvert et des mines souterrains. Elle emploie plus ou moins 1.800 agents congolais et plus ou moins 180 expatriés. Kibali Gold Mine travaille avec plus de 3.000 sous-traitants congolais et plus de 200 sous-traitants expatriés.

Ce que nous avons plus apprécié à Kibali, c’est le fait que c’est une société qui est vraiment prise en charge par les congolais congolais. En dehors de Marc Brusteau, tout le reste des responsables de la société sont des jeunes congolais dont la moyenne d’âge varie entre 20 et 40 ans.

Pour son exploitation, Kibali a des machines les plus modernes et sophistiquées et a construit au moins 4 barrages hydroélectriques qui sont également robotisés.

 

Hormis l’exploitation minière, la société Kibali s’occupe également de la protection de l’environnement. Les 1.800 kilomètres carrés de sa concession sont devenus également un parc où les règles de conservation de l’environnement sont strictement observées. Vous y trouvez de nombreux espèces d’animaux qui se promènent librement sur le site de Kibali où personne n’a le droit de tuer un animal et où la forêt est bien conservée et bien entretenue », a expliqué.

 

En dehors des atouts de Kibali Gold Mine, l’élu de Dungu et membre influent du Caucus des élus du Haut-Uélé est également revenu sur les difficultés que rencontre cette « Gecamines » de cette province de la RDC.

 

« Kibali a des problèmes d’occupation anarchique de son site par les exploitants miniers artisanaux et la population.

L’impact des activités de Kibali est visible sur les populations des territoires de Watsa et de Faradje où se trouve la société. Mais notre préoccupation en tant qu’élus du Haut-Uélé est de voir comment est-ce que notre « Gecamines » peut aussi impacter les autres territoires qui ne sont pas directement proches de la zone d’exploitation de Kibali. C’est le débat pour lequel nous nous sommes transportés là-bas », a renseigné l’Honorable Xavier Bonane Ya Nganzi.

 

2ème étape : Visite du Parc national de la Garamba

Après avoir bouclé sa visite à Kibali Gold Mine, le Caucus des élus du Haut-Uélé a poursuivi son périple en mettant le cap vers le Parc national de la Garamba, situé dans le territoire de Dungu, fief electoral de l’honorable Xavier Bonane Ya Nganzi.

 

« Nous avions tous, avec mes collègues, quitté Watsa, précisément Doko, pour rejoindre le parc national de la Garamba, dans le territoire de Dungu, par route sur une distance de 120 kilomètres. On est entré par la station de Nagero où se trouve la direction du parc. 

L’actualité dans le parc de Garamba, c’est le retour des rhinocéros blancs du Nord, un projet initié par Kibali, dans sa politique environnementale, de promouvoir le tourisme et de diversifier ses investissements. Kibali a décidé de faire une opération, la plus coûteuse au monde, celle du rapatriement des rhinocéros blancs du Nord à partir de l’Afrique du Sud. Pour ce faire, Kibali a acheté 76 rhinocéros blancs du Nord en Afrique du Sud et il faut maintenant les délocaliser de là vers le parc national de la Garamba où un premier lot de 16 rhinocéros est devant arrivé des gros porteurs jusqu’à Doko et de là, les rhinocéros blancs sont acheminés par route au parc national de la Garamba où ils sont placés dans un sanctuaire pour leur permettre de s’acclimater, cela avant de les insérer dans la nature », a-t-il renseigné.

Parlant des difficultés rencontrées par le Parc national de la Garamba, l’élu de Dungu a évoqué notamment les problèmes d’envahissement de son espace par des orpailleurs, l’incursion des Mbororo et des rebelles sud-soudanais qu’on appelle NASF, qui souvent débordent au parc mais que les ecogardes, soutenus souvent par les FARDC, prennent en chasse.

 

« Le parc a également des problèmes avec la population riveraine, qui estime qu’on s’occupe plus des bêtes que des humains, qui n’ont pas le droit de manger de la viande, de faire les champs, de fabriquer le charbon de bois. Et lorsqu’ils font leur élevage de chèvres, les lions du parc viennent les dévorer.

Il se pose également des problèmes d’ordre institutionnel au parc de la Garamba.

En effet, les textes actuels qui régissent le domaine de la conservation de la nature ne permettent pas aux écogardes d’être offensifs vis à vis des rebelles ou des braconniers qui font des incursions dans le périmètre du parc. Ces textes doivent être mis à jour », a indiqué l’Honorable Xavier Bonane Ya Nganzi.

 

Dans son fief de Dungu, l’honorable Xavier Bonane échange avec sa base, désormais en ordre de bataille pour les prochaines élections

Au terme de cette tournée conjointe sur les sites de Kibali Gold Mine et du parc national de la Garamba par l’ensemble du Caucus de députés et Sénateurs du Haut-Uélé, chaque élu devait rejoindre sa base. Et étant déjà dans son fief electoral de Dungu, l’honorable Xavier Bonane Ya Nganzi a commencé son itinérance à partir de Nagero, pour aller à Gangara na Bodio ( où se faisait depuis 1927 la domestication des éléphants) et finalement pour arriver, quelques jours plus tard, à Dungu-Centre.

 

« Une fois arrivé au chef-lieu du territoire de Dungu, j’ai immédiatement entamé les activités politiques liées au processus électoral. Pour rappel, ma candidature, comme député national, avait déjà été déposée avant mon arrivée par mes mandataires.

Sur place, comme d’habitude, j’ai tenu une grande conférence-débat, au cours de laquelle je fais mon bilan de 5 ans d’activité parlementaire à l’Assemblée nationale, comme représentant de la population de Dungu. Nous avons eu un débat de plus de 4 heures et qui a été suivi par des échanges en aparté avec ma base. Beaucoup de questions ont été abordées au cours de ce débat et je devais surtout m’expliquer comment, moi sociétaire du PPRD, suis candidat aux prochaines élections, alors que le parti a décidé boycotter les élections.

Je leur ai expliqué que je suis candidat de Ensemble pour la République, parti cher à Moïse Katumbi. Et que ce choix m’à été dicté par la population de Dungu, qui m’a demandée que je dois me présenter et que je dois choisir entre l’obéissance aveugle à ma hiérarchie politique et la fidélité à ma base.

La vérité est que si, aujourd’hui, on me fait confiance, c’est parce que j’ai été délégué par une population, qui se disait déjà fatiguée du PPRD, qui est encore embourbé dans ses problèmes structurels », a expliqué l’honorable Xavier Bonane Ya Nganzi.

 

JR.MOKOLO