RDC-Beni : Une attaque des ADF dans les structures de santé de Maboya fait 7 morts

FARDC soldiers deployed in Kibumba, last position before entering into M-23 controlled zone, the 1st of September 2012. © MONUSCO/Sylvain Liechti

Une attaque attribuée à des rebelles ADF a fait au moins sept morts et un infirmier kidnappé, dans la nuit de mercredi à jeudi, dans l’est de la RD.Congo, a-t-on appris de sources concordantes. Une attaque a notamment visé deux structures de santé.

“Ils ont même tué des malades”, a déclaré à l’AFP Norbert Muhindo, infirmier au centre de santé de référence de la localité de Maboya, dans le territoire de Beni, dans la province du Nord-Kivu.

Selon lui, des rebelles ADF (Forces Démocratiques Alliées) sont arrivés à Maboya “aux environs de minuit”; “ils étaient nombreux, ils disaient ‘on veut la guerre”.

Les assaillants ont mis le feu d’abord au centre de santé de référence, où ils ont tué trois personnes, a expliqué M. Muhindo.

Ils ont continué à semer la terreur dans le centre de la localité, où trois morts ont été enregistrées, et “à l’hôpital de Tinge appartenant à la communauté protestante”, distant d’environ 1,5 km du centre de santé.

Là, “ils ont tué une sentinelle et ont emmené un infirmier avec eux”, a poursuivi M. Muhindo. Roger Wangeve, président de la société civile de la chefferie (entité administrative) des Bashu, a confirmé cette incursion des “rebelles ADF”, qui “ont brûlé l’hôpital de Tinge et le centre de santé de référence de Maboya”.

Selon lui, ils ont ensuite “brûlé et pillé des villages”.

Le bilan provisoire de sept morts a été confirmé par une source policière, sous couvert d’anonymat.

Après quelques semaines d’accalmie, les attaques semblent avoir repris dans le territoire de Beni, où les armées congolaise et ougandaise mènent depuis près d’un an des opérations conjointes contre les ADF, accusés de massacres de civils dans l’est de la RDC et d’attentats jihadistes en fin 2021 en Ouganda.

Début septembre, les deux armées avaient annoncé avoir planifié la 4ème phase de leurs opérations. “L’ennemi traqué en profondeur est en errance et s’attaque très souvent aux agglomérations”, a signalé jeudi dans un communiqué un porte-parole de ces opérations conjointes RDC-Ouganda, le Lieutenant-Colonel congolais Mak Hazukay, en demandant à “la population d’être vigilante et de dénoncer tout mouvement suspect”.

Dans le texte, qui ne mentionne pas l’attaque de la nuit à Maboya, le porte-parole assure que 6 rebelles ADF ont été tués dans le secteur Rwenzori de Beni et 9 autres, dont une femme, “neutralisés” plus au nord, en Ituri.

L’Est de la RDC est déstabilisé depuis près de trois décennies par la présence de plus d’une centaine de groupes armés locaux et étrangers, dont les ADF.

Les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri sont sous état de siège depuis mai 2021, une mesure exceptionnelle qui jusqu’à présent n’a pas réussi à stopper les violences.

Rédaction